Productions préliminaires
Pour exécuter votre recherche, avant la collecte des données, vous devez obtenir l’autorisation écrite de votre directeur de mémoire, sur examen de trois documents que vous devez lui soumettre : la problématique de votre projet, l’identification du cadre de référence et la description de la méthodologie.
Problématique du projet
Le terme problématique représente, selon Lamoureux1, le « cadre théorique et empirique à l’intérieur duquel se situe l’objet d’étude d’une recherche ». Construire une problématique consiste donc à expliciter l’idée première (la question, le problème) qu’on veut explorer pour en démontrer l’importance et la pertinence. Ce processus se réalise grâce à un travail rigoureux d’analyse des écrits ou de situations pour en dégager les éléments pouvant soutenir, raffiner, compléter, justifier, son idée de recherche ou d’intervention.
1Lamoureux, A. (1995). Recherche et méthodologie en sciences humaines. Montréal, Canada : Éditions Études vivantes, 110.
Bien qu’un projet d’intervention réfère à une application de connaissances et de savoir-faire dans des situations précises en vue de les modifier ou de les influencer. Pour notre part, nous considérons que la typologie de la recherche en éducation de Van der Marenpermet de rendre compte de ce type de projet sans recourir à une dichotomie entre recherche et intervention.
Ce travail d’organisation et d’analyse permet habituellement de formuler un ou des objectifs précis pour la recherche à entreprendre ou l’intervention à réaliser et permettra de choisir les principaux éléments de la méthodologie ou des actions à mettre en œuvre. L’objectif de cette phase consiste donc à documenter et à préciser votre idée de recherche ou d’intervention pour élaborer un cadre général qui puisse servir d’assise à la réalisation de votre projet. Dans les demandes de subventions, la problématique permet aussi de justifier l’intérêt, la pertinence et la faisabilité d’un projet ainsi que de dégager la portée et les retombées (pratiques ou théoriques) des actions à mener.
Habituellement, la construction de la problématique comprend les éléments suivants :
- le domaine de recherche ou d’intervention;
- le thème de recherche ou d’intervention;
- le problème (la question, l’idée, la situation)2 de recherche ou d’intervention;
- les objectifs de la recherche ou de l’intervention;
- la portée ou les retombées de la recherche ou de l’intervention.
2Nous utiliserons le terme problème pour désigner l’idée qui justifie un projet de recherche ou d’intervention; ce peut donc être une question, une situation, un intérêt, un cas, etc.
a. Le domaine de recherche
Le domaine de recherche correspond habituellement à un secteur particulier d’une discipline donnée. Il permet de circonscrire le champ de connaissances dans lequel se situe votre projet. Dans le mémoire que vous devez réaliser, on peut considérer que la formation à distance, l’administration scolaire, l’efficacité en l’enseignement, la technologie éducative ou formation des adultes constitue le domaine de votre recherche. Dans la construction d’une problématique, il importe de bien identifier ce domaine, mais aussi d’en préciser les aspects importants qui seraient en relation avec le problème retenu.
Vous pouvez par ailleurs réaliser un projet qui touche une autre discipline où l’éducation peut être appliquée: l’environnement, la psychologie, les sciences de la santé, etc. Ce domaine peut avoir des exigences ou des particularités qu’il est probablement nécessaire d’identifier et de clarifier. Ce domaine et ses caractéristiques doivent donc, lorsque nécessaire, être précisés dans votre problématique.
b. Le thème d’une recherche ou d’une intervention
Le thème d’une recherche renvoie à l’une des composantes du domaine de recherche. En efficacité de l’enseignement et des écoles ou en technologie éducative, par exemple, on peut identifier comme des thèmes généraux de recherche : les méthodes pédagogiques, l’évaluation des apprentissages, l’utilisation d’une technologie particulière, la gestion, etc. On doit être le plus précis possible dans l’énoncé d’un thème. Habituellement, l’idée de départ d’une recherche permet d’identifier un domaine général, mais le travail de documentation permet de mieux cerner le thème visé. Ainsi, à partir d’un intérêt pour le thème général des méthodes pédagogiques, un étudiant peut, par la lecture de textes ou l’analyse de son expérience, préciser son thème de recherche et se concentrer par exemple sur l’efficacité d’une méthode pédagogique particulière auprès d’étudiants au secondaire. Dans la construction d’une problématique, il importe de bien identifier cette thématique, mais aussi de définir de manière précise les concepts (ou composantes) importants qui y sont associés.
Le domaine (ou les domaines) et les thématiques identifiés vous permettront de retrouver plus rapidement les différents documents pertinents, en particulier lors de la recension des écrits. Ils fournissent en effet les mots-clés à soumettre lors de l’interrogation des bases de données documentaires.
c. Le problème de recherche ou d’intervention
Toute recherche a pour point de départ une situation qui cause un malaise, une incompréhension, une inquiétude, une insatisfaction ou encore un intérêt, une préoccupation, un besoin de changement, etc. Cette idée est à l’origine d’un projet. Elle prend souvent la forme d’une question qu’il faut préciser et circonscrire pour bien identifier l’objet de la recherche. Une problématique définit donc les différents éléments qui posent problème ou la situation que l’on veut modifier ou mieux comprendre. L’essentiel de la construction d’une problématique consiste donc à identifier, définir, préciser, documenter, organiser, etc. les différents aspects de ce problème ou de cette situation.
d. Les objectifs de la recherche
L’énoncé des objectifs d’une recherche découle logiquement des clarifications et des explicitations du problème retenu. L’organisation des diverses composantes de ce problème devrait conduire à la formulation de quelques objectifs que le projet vous permettra d’atteindre. Les objectifs qu’il est possible d’atteindre dans une recherche sont très diversifiés. On peut vouloir étudier, analyser ou mieux comprendre une situation, développer de nouveaux outils d’intervention, préciser, compléter ou raffiner un modèle, initier un changement, inventorier des pratiques, etc. Il est par ailleurs très important de bien préciser ces objectifs et de toujours les garder en tête, car ils constituent des guides qui orienteront vos actions et devront être repris dans l’analyse et l’interprétation des données pour en vérifier l’atteinte.
e. La portée ou les retombées de la recherche
La portée de la recherche ou ses retombées montrent son utilité. De manière générale, il s’agit de prévoir les généralisations ou les applications possibles des actions réalisées. On peut anticiper la portée d’une recherche sur le plan théorique, comme l’amélioration d’un modèle d’explication des comportements, ou sur le plan pratique, comme l’amélioration de la formation des intervenants.
L’outil privilégié pour construire votre problématique de projet de mémoire est la recension des écrits. Elle permet habituellement :
- de préciser ou de définir les concepts reliés au domaine et à la thématique;
- de vérifier les solutions possibles ou déjà appliquées à votre problème par d’autres chercheurs ou praticiens qui visaient la même problématique que vous;
- d’identifier ce qui est toujours insatisfaisant et mérite de donner lieu à une nouvelle recherche ou une intervention;
- d’identifier les cadres de références utilisés dans les recherches ou les interventions déjà réalisées;
- d’identifier les types de méthodologies ou d’actions utilisés dans les travaux repérés et leurs résultats;
- d’identifier des questions ou des hypothèses soutenant votre démarche de recherche ou d’intervention.
D’autres outils, qui relèvent plutôt de l’analyse de situation que de la recension d’écrits, peuvent aussi vous aider à construire votre problématique : un remue-méninge ou des discussions avec des collègues, des entrevues ou un questionnaire, des observations, etc. Tous ces outils servent à bien définir votre domaine et votre thématique, à mieux circonscrire votre problème et vos objectifs ainsi qu’à identifier la portée et les retombées possibles de votre projet. Trois outils sont disponibles à la section Outils pour vous aider dans votre recension des écrits :
- Outil méthodologique 3 Table thématique des matières
- Outil méthodologique 4 Recherche informatisée
- Outil méthodologique 5 Grille d’analyse de l’information
En principe, au moment de votre inscription, dans votre proposition de sujet de mémoire, vous avez identifié une thématique et énoncé une première description du problème que vous désirez explorer. Ce sont les premiers éléments qui vous permettront de construire votre problématique.
Nous vous rappelons qu’il peut être utile et intéressant de vous constituer un journal de bord (voir l’outil méthodologique 1 Journal de bord, aussi disponible à la section Outils) pour prendre en note le déroulement de votre recherche ainsi que vos réflexions, vos commentaires, les événements, les décisions importantes et leur justification, vos discussions avec votre directeur, etc. Un projet qui se déroule souvent sur plusieurs mois exige un grand nombre de décisions importantes. Lorsqu’il faut rendre compte du déroulement de son projet dans le rapport de recherche, il arrive très fréquemment que l’on a oublié pourquoi on a fait telle chose, ce qui s’est passé à tel ou tel moment qui a justifié telle ou telle action, etc. La tenue d’un journal de bord ou de projet peut alors être d’un précieux secours pour rédiger ce rapport que vous devrez produire.
Cadre de référence du projet
Un cadre de référence renvoie aux assises théoriques ou conceptuelles qui permettent à un chercheur de définir, sous un certain angle, les concepts importants de son projet, de prendre un certain nombre de décisions concernant ses modalités de réalisation et d’interpréter les données qu’il recueillera. On peut illustrer l’importance et les conséquences d’un cadre de référence lorsqu’on compare la définition de certains concepts selon différentes approches : par exemple, selon que le chercheur considère l’apprentissage comme un changement de comportement (béhaviorisme) ou bien comme un changement dans les structures mentales (cognitivisme), il n’interviendra ni n’évaluera de la même manière. Le cadre de référence retenu oriente donc directement certains choix en fournissant une manière particulière de voir et de rendre compte de certaines réalités. L’objectif de cette phase est donc de définir les assises théoriques sur lesquelles reposera le projet de recherche ou d’intervention.
Différents termes peuvent être utilisés pour désigner ces assises théoriques : cadre de référence, cadre théorique ou cadre conceptuel3. De manière générale cependant, toutes ces expressions renvoient à la même réalité et visent le même objectif. Nous préférons utiliser l’expression « cadre de référence » parce qu’elle indique ce à quoi on se rapporte pour justifier, expliquer ou décider.
3Fortin, M.-F. (1996). Le processus de la recherche. Montréal, Canada : Décarie éditeur.
Le cadre de référence peut être explicite et énoncé par le chercheur ou implicite et provenir de ses connaissances ou de ses expériences antérieures4; un chercheur ou un intervenant a toujours un cadre de référence qui lui permet de choisir ses méthodologies, d’interpréter et d’évaluer les résultats de ses actions. L’utilisation de concepts, en particulier en éducation, renvoie toujours à une théorie ou à un modèle particulier. Il arrive très fréquemment qu’on ne retrouve pas l’explicitation du cadre de référence dans un devis de projet d’intervention ou de recherche, ce qui ne signifie pas que l’auteur n’en n’a pas, mais plutôt qu’il a négligé de le rendre explicite. Il arrive aussi souvent que des projets prétendent utiliser un cadre de référence explicité dans la définition de leur problématique, mais choisissent des actions ou des méthodes qui sont plus compatibles avec une autre approche que celle annoncée.
4Brown, A et P. Dowling, (1998). Doing research/reading research. Londres, Angleterre : Palmer Press.
Il n’y a pas, en principe, en éducation, de cadre de référence ayant en soi une valeur supérieure aux autres pour expliquer la réalité. L’important réside non pas nécessairement dans le choix d’un cadre de référence particulier, mais davantage dans la cohérence qu’il fournit pour organiser adéquatement les diverses composantes du projet.
Un cadre de référence renvoie le plus souvent à une théorie et est constitué de concepts organisés de telle manière qu’ils puissent expliquer certains phénomènes. Il s’agit donc d’une abstraction utile à toutes les étapes du processus de recherche. Il permet en effet de fournir :
- des hypothèses d’explication à la situation problématique;
- une structure d’organisation des écrits reliés à la thématique;
- des critères de sélection d’actions ou de méthodologies appropriées;
- des catégories d’analyse et d’interprétation des observations ou des données recueillies;
- des pistes de conclusion ou de poursuite.
Le choix d’un cadre de référence correspond souvent au modèle ou à l’approche que promeut un chercheur ou un intervenant dans l’ensemble de ses pratiques. Ces cadres de référence s’appuient habituellement sur de grands modèles. Il existe par ailleurs des manières particulières d’organiser les diverses composantes d’une thématique qui peuvent constituer des cadres de références spécifiques intéressants à retenir. Par exemple, lorsqu’on traite des abandons en formation à distance, le modèle de Tinto5 est souvent utilisé et lorsqu’on traite de l’autonomie, le modèle de Moore6 est une référence courante. Un cadre de référence peut aussi provenir de disciplines connexes, par exemple on peut choisir le modèle de G. Morgan7 lorsqu’on s’intéresse à l’administration. C’est grâce à la recension des écrits que l’on peut identifier ces modèles.
5Tinto, V. (1975). Dropout from higher education : A theoretical synthesis of recent research. Review of educational research 45, 89-125.
6Moore, M.G. (1993). Theory of transactional distance. D. Keegan (ed.), Theoretical principles of distance education (22-38). New York, NY : Routhledge.
7Morgan, G. (1991). Images de l’organisation. Québec, Canada : Presses de l’Université Laval et Éditions ESKA.
L’élaboration d’un cadre de référence se réalise habituellement en identifiant et en définissant les concepts importants du modèle retenu en relation avec le domaine, la thématique et le problème. Il est aussi nécessaire de relier entre eux ces différents concepts; ces relations rendent explicites le potentiel explicatif d’un modèle. L’utilisation d’un diagramme permet de résumer et d’intégrer les différents concepts d’un modèle comme d’en faciliter la compréhension. L’outil méthodologique 6 La carte sémantique, que vous retrouverez aussi à la section Outils, permet de réaliser des diagrammes ou des réseaux de connaissances faisant ressortir les relations entre les concepts.
Plan de recherche
Cette phase comprend essentiellement des activités d’organisation et de planification de la recherche. Ce travail s’amorce bien souvent au cours de la construction de la problématique et de l’identification du cadre de référence en s’appuyant, en particulier, sur la recension des écrits. L’objectif de cette phase consiste donc à planifier les diverses composantes de la réalisation de la recherche ou de l’intervention. Ce faisant, cette phrase est grandement déterminée par la méthodologie retenue en relation avec le cadre de référence et la problématique.
Les divers aspects à prévoir sont :
- les participants;
- les informations à recueillir;
- les outils pour recueillir les informations;
- le temps;
- le déroulement de la recherche ou de l’intervention;
- les méthodes d’analyse des informations;
- la question éthique.
Le déroulement d’une recherche comporte habituellement des caractéristiques qui répondent à des règles établies et reconnues. Ces règles varient selon le type de recherche et la méthodologie choisis. Les informations proposées dans le texte qui suit devront donc souvent être adaptées en fonction du type de recherche que vous réaliserez. Il existe des volumes permettant de bien comprendre les règles particulières à prendre en compte pour la recherche qu’il pourrait être pertinent de consulter afin de répondre de manière précise à certaines questions8. Lorsque vous planifiez votre projet, il est très important non seulement d’identifier et de décrire de manière précise les moments, phases ou étapes, du déroulement, mais aussi d’identifier et de prendre en note les raisons (tant théoriques que pratiques) qui justifient vos choix. Il est en effet souvent demandé, dans les rapports de recherche et d’intervention, d’énoncer clairement les raisons qui ont conduit à prendre telle décision plutôt que telle autre; vous aurez alors toute l’information nécessaire pour expliciter vos choix et votre démarche. La grille de Paquette (Aide-mémoire pour la conceptualisation et la planification du projet de recherche), proposée à l’outil méthodologique 1, Journal de bord, pourra vous aider à envisager tous les aspects à prendre en compte dans l’élaboration de votre plan de recherche.
8 Les volumes suivants peuvent être recommandés :
- Fortin, M.-F. (1996). Le processus de la recherche. Montréal, Canada : Décarie Éditeur.
- Lamoureux, A. (1995). Recherche et méthodologie en sciences humaines. Montréal, Canada : Éditions Études vivantes.
- Van der Maren, J.-M. (1999). La recherche appliquée en éducation. Bruxelles, Belgique : De Boeck université.
- Van der Maren, J.-M. (1996). Méthodes de recherche pour l’éducation. Bruxelles, Belgique : PUM et De Boeck université.
a. Les participants
Vous devez identifier les participants que vous désirez rencontrer pour réaliser votre projet. Le choix des participants répond à votre question de recherche et à la nécessité de tenir compte de caractéristiques particulières que ces personnes doivent posséder pour réaliser vos objectifs. Vous devriez donc définir ici ces caractéristiques et identifier les procédures à mettre en place pour les rejoindre. Notez toutefois que certains types de recherche portent sur l’analyse de documents, des recherches historiques par exemple, il n’y a donc pas de participants. Vous devez alors identifier et justifier votre choix de documents à analyser.
En recherche, selon le type de méthodologie utilisée, certaines précautions doivent être prises concernant le choix et le nombre de participants. Vous trouverez des informations concernant ces questions dans les manuels qui traitent des méthodes d’échantillonnage.
b. Les données à recueillir
Les données correspondent aux informations que vous désirez obtenir compte tenu des objectifs visés. En recherche, ce sont habituellement des variables qui représentent « des qualités, propriétés ou caractéristiques d’objets, de personnes ou de situations qui sont étudiés »9. Ces variables sont identifiées grâce aux concepts retenus dans la construction de votre problématique. Ce peut être le poids, la couleur, l’estime de soi, des représentations, des valeurs, etc. ou encore des informations qui servent à vérifier si vos actions ont produit les résultats obtenus, comme le degré de satisfaction, les acquis cognitifs, le taux de participation, le contenu des interactions, etc.
9Fortin, M-F., Le processus de la recherche, op.cit., p. 50.
Il est très important de bien préciser le type de données à recueillir. Souvent, au moment de l’analyse ou de l’interprétation, on constate qu’il aurait été intéressant d’avoir telle information qu’on a oubliée. Il est préférable, lorsqu’il n’est pas trop onéreux de le faire, de prévoir obtenir systématiquement certaines données, même si, au moment de la planification, elles n’apparaissent pas très importantes. C’est le cas en particulier pour les caractéristiques des participants comme leur âge, leur niveau de scolarité, leur profession, etc. qui peuvent constituer, au moment de l’interprétation, des éléments limitant la généralisation ou l’applicabilité des résultats.
c. Les outils pour recueillir les informations
Que vous réalisiez une recherche ou une intervention, il vous faut prévoir des outils pour recueillir ces données. Il existe plusieurs méthodes pour le faire : l’observation directe des comportements et des interactions en situation authentique ou dans des performances déterminées par le chercheur, les questionnaires, les tests, les entrevues, etc. Votre choix doit se faire en fonction de vos objectifs, de votre problématique et du cadre de référence retenu. La recension des écrits devrait vous fournir les pratiques méthodologiques les plus courantes selon le domaine et la thématique identifiés. Vous pourrez trouver dans des ouvrages généraux ou spécialisés des recommandations sur le choix et l’utilisation de certaines méthodes de collecte de données. Lorsque c’est pertinent et possible, il est préférable de choisir et d’adapter un instrument déjà utilisé, mais très souvent, il faut concevoir ses propres outils de collecte. Vous pourrez aussi trouver dans certains ouvrages des conseils pour élaborer de tels instruments.
En recherche, les outils de collecte doivent répondre à certains critères comme la fidélité et la validité. La fidélité renvoie au fait qu’un instrument fournit toujours la même information d’une fois à l’autre ou peu importe son utilisateur. Plusieurs procédures sont prévues pour assurer la fidélité d’un outil, vous pouvez consulter un volume présentant les méthodes de recherche si vous désirez en tenir compte. La validité renvoie au fait qu’un instrument mesure bien ce qu’il prétend mesurer. Généralement, on établit la validité en comparant les résultats obtenus à un test par ceux obtenus à un autre test qui prétend mesurer la même chose. Lorsque c’est possible, il est toujours plus simple d’utiliser un outil dont la validité et la fidélité ont été démontrées par des recherches antérieures.
Dans des contextes où le chercheur s’intéresse à des données plus qualitatives, il est préférable de s’assurer que les instruments qu’on soumet aux participants fournissent bien les informations qu’on souhaite obtenir, en particulier si on utilise des questionnaires ou des techniques faisant appel à une question ouverte. On peut le faire en mettant ces instruments à l’essai auprès de personnes représentatives des participants de l’étude.
À certains moments, des appareils (vidéo, ordinateur, etc.) peuvent être nécessaires. Il faut les prévoir et définir les caractéristiques qu’ils doivent posséder pour répondre à vos besoins, de même qu’il faut prévoir des procédures de repli permettant de recueillir ses données en cas de problèmes techniques.
d. Le temps
Toute planification comprend des indications sur le temps. Il est approprié de définir les moments où vous rencontrerez vos participants et de prévoir le temps nécessaire pour réaliser tout ce que vous avez prévu. Cet aspect devra être très clair lorsque vous aurez besoin d’autorisations pour rencontrer vos participants. Il est habituellement préférable de ne pas planifier de trop longues périodes de travail, d’entrevue, d’observation, etc. La motivation a souvent tendance à diminuer et vous n’obtiendrez peut-être pas la même qualité d’informations auprès d’un participant après une heure d’entrevue ou de test. Mieux vaut planifier, dans la mesure du possible, plusieurs courtes rencontres de trente minutes plutôt qu’une seule de deux heures. Ce peut être plus difficile à organiser, mais vous devriez y gagner quant à la qualité des données que vous obtiendrez.
Idéalement, vous devriez préparer un échéancier détaillé des opérations à réaliser en prévoyant suffisamment de temps pour vous réajuster si cela devenait nécessaire compte tenu des imprévus toujours possibles (même probables) lorsqu’on entreprend un tel projet.
e. Le déroulement de votre recherche
Vous avez normalement toutes les informations pour planifier le déroulement de votre projet. Il faut prévoir, étape par étape, action par action, les diverses opérations à réaliser. Cette planification a avantage à être très détaillée. Cela permet de ne rien oublier et de s’assurer qu’on n’introduira pas des facteurs parasites pouvant influencer directement la collecte des données.
f. Les méthodes d’analyse des données
Vous aurez à analyser les données recueillies lors du déroulement de votre projet. Il est à cet effet préférable de prévoir à l’avance la manière dont on analysera ces données, pour anticiper certains problèmes reliés aux outils utilisés.
En recherche, les méthodes d’analyse, comme celles de la collecte, relèvent du type d’études que vous réaliserez. Il y a les méthodes quantitatives, qui renvoient habituellement à des analyses statistiques, et les méthodes qualitatives, qui se font le plus souvent par analyse de contenus. Les écrits sont très nombreux sur ce sujet, il faut consulter les ouvrages spécialisés.
Dans l’étape d’analyse des données se pose aussi la question de la fidélité. Il s’agit alors de vérifier si une réponse obtient la même codification lorsque traitée par des personnes différentes. Autrement, un chercheur qui procéderait lui-même à ses analyses pourrait facilement interpréter certains faits ou commentaires à la faveur de ses hypothèses plutôt que des faits. On utilise parfois une procédure d’interjuge pour vérifier la fidélité. Il s’agit de demander à deux personnes de codifier les mêmes énoncés pour voir si elles les traitent de la même manière. En recherche, cette vérification, bien que non obligatoire, devrait être faite chaque fois qu’il est possible de le faire. Il n’est pas nécessaire que la deuxième personne codifie toutes les données recueillies, car souvent, il suffit de reprendre de dix à vingt pour cent du matériel pour obtenir un taux de fidélité satisfaisant.